Au 1er janvier 2016, l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’Union européenne, suivi par la France puis le Royaume-Uni. Entre 1991 et 2016, les écarts de population entre ces trois pays se sont réduits. En effet, le nombre d’habitants a moins augmenté en Allemagne (+ 3 %) qu’en France et au Royaume-Uni (+ 14 % pour chacun des deux pays). Ce sont les résultat du Insee Focus.

Depuis l’an 2000, la part des personnes de 65 ans ou plus a crû davantage en Allemagne qu’en France et au Royaume-Uni.

Une pyramide des âges allemande singulière

La répartition de la population par âge, qui s’observe à travers la pyramide des âges, est le fruit des histoires démographiques de chaque pays. Si les trois pays étudiés ont traversé les mêmes épisodes historiques au 20e siècle (les deux guerres mondiales en particulier), il n’en reste pas moins des différences notables dans la structure de leur population.

De 1934 à 1942, la fécondité en Allemagne est plus élevée qu’en France ou au Royaume-Uni, avec un indicateur conjoncturel de fécondité atteignant 2,6 enfants par femme en 1939 et 1940. Ces deux années, le nombre de naissances dépasse 1 400 000. Après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’en France et au Royaume-Uni débute le baby-boom, l’Allemagne connaît une forte baisse du nombre des naissances, qui se poursuivra jusqu’au début des années 1950. Le baby-boom allemand débute ainsi vers 1952 et se termine plus vite que dans les deux autres pays : le nombre de naissances commence à diminuer dès 1965. S’ensuit une forte baisse de la natalité (1965-1970) puis une stagnation à des niveaux bas (1970-1980) qui induit aujourd’hui des classes creuses chez les 35-45 ans.

Une seconde baisse de la natalité allemande, entre 1990 et 1995, est liée à l’intégration de l’ancienne Allemagne de l’Est dont la fécondité s’est effondrée à cette période. Enfin, à partir de la fin des années 1990, une nouvelle chute des naissances est due au faible nombre de femmes susceptibles de procréer, ainsi qu’à des taux de fécondité faibles. En effet, les femmes de 20 à 35 ans d’alors sont nées dans la phase de faible natalité des années 1965 à 1980 et sont donc beaucoup moins nombreuses. La faible natalité allemande depuis les années 2000 donne un aspect « creusé » au bas de la pyramide des âges de l’Allemagne.

 

Pyramide des âges au 1er janvier 2016 en Allemagne
Pyramide des âges au 1er janvier 2016 en Allemagne

 

Un vieillissement plus marqué en Allemagne

Au 1er janvier 2016, 21 % des habitants de l’Allemagne ont 65 ans ou plus. En France, cette tranche d’âge représente 19 % de la population et au Royaume-Uni, 18 %.

Dans les trois pays, la population vieillit, mais à des rythmes différents. En 25 ans, la part des habitants de 65 ans ou plus a augmenté de six points en Allemagne, passant de 15 % en 1991 à 21 % en 2016. À partir de 2000, les générations nées en 1935 et après commencent à atteindre 65 ans. Or, ces générations sont nombreuses, puisque l’Allemagne a connu un regain de natalité entre 1934 et 1942.

La part des habitants de 65 ans ou plus a aussi progressé en France entre 1991 et 2016, passant de 14 % à 19 %, soit une hausse de cinq points. La hausse s’est accélérée à partir de 2011, date à laquelle la première génération du baby-boom, née en 1946, a eu 65 ans. Au Royaume-Uni, cette proportion n’a pratiquement pas évolué au cours des années 1990 et 2000, oscillant entre 15 % et 16 % ; en revanche, à partir de 2010, la part des habitants de 65 ans ou plus progresse quasiment au même rythme qu’en France. Entre 1991 et 2016, elle a augmenté de deux points seulement.

Source : Insee Focus

 

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