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2017 Australian eChallenge France at the Australian Embassy in Paris on May 26.

Ernesti, c’est la première plateforme d’accompagnement de nuit qui met en relation les proches s’occupant d’une personne en situation de dépendance avec des étudiants en santé. Interview de son co-fondateur Quentin Zakoian.

Pouvez-vous vous présenter également présenter Ernesti ?

Je suis Quentin Zakoian et je suis le cofondateur d’Ernesti.

Ernesti est un service qui connecte d’une part, les aidants familiaux en recherche d’une présence de nuit pour leur proche en perte d’autonomie et d’autre part des étudiants en santé.

Cela va être majoritairement des étudiants en médecine, en soins infirmiers, etc.

Ces étudiants sont disponibles toute la nuit pour se rendre au domicile de la personne à partir de 20 heures le soir et jusqu’à 8 heures le matin. Ils ne fournissent ni soin, ni ménage, mais une présence humaine.

Il s’agit d’une présence bienveillante et sécurisante.

Pourquoi avoir développé ce service ?

Il s’avère que ma cofondatrice Séverine, ma sœur, via notre mère médecin, a réalisé exactement ce type de service, durant ses études. Notre mère avait des patients, aidants familiaux, qui trouvaient des solutions pour la journée, mais qui n’arrivaient à trouver une solution de présence pour la nuit auprès de leur parent âgé.

Ainsi, au début, ma sœur a commencé à proposer une présence la soirée et au fur et à mesure que cela se passait bien, elle proposait une présence la nuit.

Ainsi, ma sœur a accompagné plusieurs familles durant plusieurs années. Et comme, cela fonctionnait tellement bien, nous avons décidé de démocratiser ce service. Et, c’est comme cela, que notre service Ernesti, est né.

Donc, vos clients sont essentiellement des personnes âgées ?

En réalité, nos vrais interlocuteurs sont les aidants familiaux, qui ont entre 50 et 60 ans et dont les parents sont âgés de plus de 80 ans, qui sont en perte d’autonomie ou qui sont angoissés à l’idée de rester seuls la nuit ou qui ont déjà chuté.

Nous proposons ainsi, un accompagnement intergénérationnel et inclusif. Nos intervenants sont des étudiants qui arrivent avec leur jeunesse et toute leur énergie, ce qui aboutit à une présence et à des discussions qui sont très intéressantes et très enrichissantes.

Pour le moment, comment font les familles pour vous trouver ?

Une partie des familles nous trouve par Internet. Ensuite, le bouche-à-oreille donne également des contacts et ensuite, nous allons localement voir les professionnels qui sont déjà au contact des personnes âgées.

Ensuite, nous avons eu quelques articles de presse dans les médias, ce qui nous apporte une visibilité et a permis à des familles de trouver notre service.

Combien avez-vous d’étudiants actuellement ?

Nous avons reçu plus de 2300 inscriptions sur notre plate-forme. 700 ont complément fini le process d’inscription.

Justement, comment faites-vous pour sélectionner et valider la qualité des étudiants qui vont pouvoir intervenir pour votre service ?

Le fonctionnement est suivant deux cas de figure.

Les familles nous contactent et nous demandent une prestation, et là, soit nous avons déjà des étudiants sélectionnés dans la zone en question, et alors il s’agit d’une mise en relation. Soit, nous n’avons pas d’étudiant dans la zone en question et nous faisons un travail de recrutement, ce qui peut prendre plusieurs semaines.

Pour le recrutement, nous trouvons des personnes essentiellement sur Facebook, ce sont des étudiants en médecine, ou en soins infirmiers principalement. Nous leur proposons de s’inscrire sur notre plate-forme, en joignant les documents administratifs qui sont nécessaires.

Ensuite, chaque étudiant passe un entretien en visioconférence avec une psychologue clinicienne de santé, qui est basée chez nous. Ceci pour valider les motivations et pour dérouler le protocole d’intervention.

Ensuite, nous enregistrons une vidéo d’environ une minute, dans laquelle, l’étudiant(e) est face caméra et va ainsi pouvoir se présenter. Ces vidéos seront présentés, plus tard, aux familles qui pourront sélectionner la personne qu’elles souhaitent voir intervenir, auprès de leurs parents âgés.

Comment voyez-vous le développement d’Ernesti dans les prochaines années ?

Dans un premier temps, l’objectif est de devenir la référence française des gardes de nuit.

Demain, nous voulons que le réflexe soit répandu dans la société : lorsque l’on a un besoin d’accompagnement de nuit pour un proche en perte d’autonomie, je sais que les étudiants en santé proposent ce type de service.

Mais au-delà, nous souhaitons réinventer le maintien à domicile en proposant une offre holistique. Le problème actuel, c’est qu’un aidant familial devient quasiment une microentreprise : il doit gérer les interventions et le suivi de l’aide-soignante, des infirmières, des auxiliaires de vie, de l’administratif, etc. Et le tout, sans que les intervenants ne lui fassent systématiquement un retour, et sans pouvoir demander à l’auxiliaire de vie si l’aide-soignante est bien passée ! Cela représente en réalité une charge mentale considérable quand on compare cela par exemple au placement en institution où alors l’aidant familial retrouve bien souvent son simple rôle d’enfant ou de conjoint.
Il faut pouvoir proposer une offre complète qui gère, organise et coordonne, tout en maintenant constamment informé l’aidant familial.

Ensuite, comme nous sommes au domicile pendant plus de 12 heures, nous sommes ceux qui sont les plus longtemps présents auprès des personnes âgées. Nous pensons que nous aurons donc un rôle important à jouer dans cette offre complète de maintien à domicile.

Quel est le coût d’une nuit ?

Pour une intervention standard de 20 heures à 8h du matin, le coût est 83 €, dont 50 € de salaire net pour l’étudiant(e), 23 € de cotisations sociales et 10 euros de prestations pour notre service.

Ensuite, grâce au crédit d’impôt, la personne âgée paie, au final, 46 €.

Dans l’avenir, est-ce que vous voyez également votre rôle, comme des prescripteurs d’autres solutions qui pourraient être proposées aux personnes âgées, chez lesquelles vous intervenez, comme, par exemple l’aménagement du domicile ?

Il y aura, deux façons de faire dans l’avenir.

Soit nous allons croître de manière organique suffisamment de façon à pouvoir intégrer et proposer nous-mêmes d’autres services.

Soit, bien sûr, nous proposerons des services réalisés par d’autres prestataires. Et c’est d’ailleurs, pour cela que nous avons rejoint la Silver Alliance.

Ce que nous allons vouloir dans l’avenir, c’est de donner suffisamment d’informations à nos Chouettes, de façon à ce qu’elles puissent proposer d’autres services et d’autres prestations comme l’aménagement d’une douche par exemple ou encore des renseignements administratifs.

Ceci sera d’autant plus facile, que nous restons, encore une fois, très longtemps au domicile et que nous voyons beaucoup plus de choses au domicile la personne âgée en 12 heures que nous pourrions le voir en 1 à 2h.

Enfin, recherchez-vous des partenariats et si oui de quel type ?

Oui, tout d’abord, nous recherchons des partenariats pour réduire le coût final du client. Même si nous sommes moins chers que tout ce que nous pouvons trouver sur le marché, au final cela reste cher pour une partie des personnes âgées.

Ainsi, nous pensons que des organismes comme les groupes de protection sociale pourraient avoir un intérêt à financer en partie notre service ou au moins une partie des premières nuits de nos interventions, dans une stratégie d’évitement de coût liée aux réductions de chutes et d’hospitalisations

Ensuite, nous cherchons des partenariats avec des acteurs des services à domicile, qui ne proposent pas de services de nuit, mais qui veulent garder leurs clients et proposer une prestation supplémentaire.

Nous pouvons également proposer notre service complémentaire aux téléassisteurs qui pourraient proposer une présence humaine la nuit.

Nous travaillons également sur l’aspect sortie d’hospitalisation qui représente environ 20 % des personnes auprès desquelles nous intervenons. Ainsi, nous pouvons penser que notre service pourrait réduire, chez certains patients, les durées d’hospitalisation.

 

 

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