Personne âgée
Personne âgée

Après plus d’un mois et demi de confinement imposé par le gouvernement pour endiguer le COVID19, Amantine, service d’accompagnement des aidants familiaux, dresse un panorama des situations rencontrées par chaque acteur (personnels médico-sociaux comme aidants familiaux) tout en proposant des pistes pour l’après.

Un personnel du maintien à domicile à la hauteur

Les acteurs du secteur ont répondu présent et ont fait preuve d’une grande implication et d’une grande réactivité. Malgré le caractère inédit de la crise traversée, ils ont fait preuve d’une bonne organisation. Dans ce contexte particuliers, le temps de travail a été ré-organisé pour permettre aux personnels de se concentrer sur les tâches prioritaires (toilettes, courses,…) à la place des interventions de confort.

Une organisation par territoire efficace

Les infirmières et personnels soignants en ont fait plus qu’à l’accoutumée (courses, relevé du courrier, déplacement à la pharmacie, gestion des piluliers jusqu’ici du ressort de l’aidé ou de sa famille…) durant leur temps de passage afin de s’occuper des personnes fragiles. Un vrai partage des missions s’est opéré entre les acteurs sociaux, médicaux et les familles. Cela a permis une meilleure coordination.

« Durant la canicule, les plus faibles étaient gérés par les municipalités qui organisaient des passages avec des étudiants. Durant cette crise COVID19, les collectivités ont pu s’en inspirer pour mettre en place ce type de coopération territoriale ; une répartition acteurs privés, sociaux et municipaux pour lutter contre l’isolement (contacts téléphoniques réguliers) et s’occuper des personnes les plus fragiles » explique Guillaume Staub, co-fondateur d’Amantine.

Les masques : pourquoi pas une gratuité ou des avantages pour les acteurs médico-sociaux ?

La crise sanitaire traversée a malheureusement obligé les entreprises du secteur médico-social à prendre en charge l’achat de masques pour leur personnel avant de gérer la répartition sur le territoire pour pallier l’absence d’organisation du gouvernement. « Durant la crise, les auxiliaires de vie n’étaient pas comptabilisés dans le contingent de personnel soignant. Pourquoi ne pas réfléchir à demander la gratuité ou la prise en charge en partie de la gestion des équipements de protection pour l’ensemble des acteurs de la santé et des services à domicile (auxiliaires de vie) ? Après tout, tous sont en contact direct pour soigner et prendre soin. Il est donc indispensable qu’ils soient protégés de la même manière » propose Guillaume Staub.

Maisons d’accueil ou spécialisées : vers un lien constant résidents/famille grâce au digital ?

Le personnel a dû gérer une crise inédite où certains ne pouvaient pas venir travailler. Il faudrait que de nouvelles procédures comme les équipements de protection (masques, gel, gants) soient au rendez-vous pour affronter les prochaines crises sanitaires. En parallèle, le confinement a été une grande période de solitude par les résidents malgré le dévouement du personnel présent et les dispositifs mis en place pour conserver le lien avec les proches (nouvelles et photos envoyés aux familles comme aux résidents, envoi du programme des activités aux proches,…). A l’avenir, conserver un lien avec les familles – quelles que soient les crises traversées – grâce aux outils digitaux pourrait être une piste intéressante à creuser.

« Pour conserver un lien visuel entre les membres de familles éloignées ou lors de crises imposant une distanciation sociale, nous pourrions imaginer demander aux familles ou aux structures d’accueil d’équiper les résidents de tablettes adaptées à tous (problème de vue, d’audition, de mémoire,…) et leur apprendre à s’en servir. Il faut continuer le développement d’outils digitaux pouvant être reliés aux familles (numéros pré-enregistrés, boutons simples à utiliser,…). Les générations suivantes seront sans doute plus à même de les utiliser mais la pédagogie tout au long de l’année est primordiale pour faire face le cas échéant » propose Guillaume Staub.

Des aidants familiaux inquiets par l’après-confinement

Durant cette période de confinement, de nombreux aidants ont contacté Amantine pour les aider et les conseiller principalement dans leurs démarches administratives : arrêt de travail dérogatoire, gestion de sorties d’hôpital pour les proches ou au sujet de l’après-confinement. En effet, beaucoup s’interrogent sur l’après confinement : « est ce que mon employeur peut me demander de revenir au travail alors que mon conjoint a besoin de moi ? Il risque de me passer au chômage partiel » s’inquiètent les aidants familiaux. L’inquiétude est plus grande durant cette période de confinement et vient s’agréger aux autres problématiques auxquelles l’aidant est déjà confronté.

« Parmi les effets positifs de cette crise, celle-ci a permis de faire émerger une plus grande solidarité entre voisins qui ont pris le relais des familles, confinées de leur côté. Espérons que cet élan d’entraide perdure sur le long terme auprès des personnes fragiles » se réjouit Guillaume Staub.

Des grandes entreprises qui prennent de la hauteur pour accompagner les salariés aidants

Durant ces près de deux mois de confinement, les entreprises se sont d’abord affairées à mettre en place le télétravail de manière massive et totalement inédite. Une fois cette mission effectuée, les services RH ont profité du confinement pour se soucier davantage qu’à l’accoutumée de leurs salariés aidants familiaux durant cette période particulière.

« Les entreprises accompagnées par Prev&Care ont permis à leurs salariés aidants de s’appuyer sur nos services. Cette relation privilégiée leur a ôté une épine du pied et leur a permis de prendre de la hauteur sur les problématiques auxquelles ils étaient ou seraient confrontés après le 11 mai : retour à l’école de leurs enfants, sortie d’un proche de l’hôpital, … » explique Guillaume Staub.

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