Le dernier recensement du Pakistan a été une surprise, révélant une population plus nombreuse que prévu.

La fécondité, encore élevée, alimente une croissance démographique soutenue dans un pays qui est le cinquième le plus peuplé du monde. Anne Goujon, Asif Wazir et Nicholas Gailey décrivent les évolutions démographiques des trois dernières décennies au Pakistan et expliquent les raisons de la lenteur de la transition démographique dans ce pays.

Le Pakistan comptait 208 millions d’habitants en 2017 d’après le dernier recensement de sa population. Celle-ci s’est accrue de 2,4 % par an depuis le recensement précédent de 1998. C’est un taux plus faible que celui de la période intercensitaire précédente (2,7 % entre 1981 et 1998), mais bien plus élevé que ce qui avait été anticipé (1,9 %). Il est deux fois plus élevé que le taux moyen des pays d’Asie du Sud (1,2 %), et supérieur aux taux des pays voisins comme l’Inde (1,6 % entre les recensements de 2001 et 2011).

La mortalité infantile n’a baissé que lentement ces dernières décennies au Pakistan, passant de 86 décès d’enfants de moins d’un an pour 1000 naissances vivantes dans les années 1990 à 62 décès en 2017. Un bébé né au Pakistan a une probabilité 41 fois plus élevée de mourir au cours de son premier mois de vie qu’un bébé né en Islande, au Japon ou à Singapour, et deux fois plus élevée qu’un bébé né en Inde ou au Bangladesh.

La fécondité, mesurée par l’indice synthétique de fécondité, est passée d’environ cinq enfants par femme en 1990 à quatre enfants en 2006. Depuis lors, elle n’a que faiblement diminué et atteint 3,6 enfants en 2017. La transition démographique est plus lente au Pakistan que dans la plupart des pays voisins d’Asie. Les projections démographiques des Nations unies annoncent dans leur scénario moyen un presque doublement de sa population d’ici 2060 avec presque 370 millions d’habitants à cet horizon.

Lire le numéro « Population et Sociétés » consacré à ce sujet.

 

 

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