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Malgré son redressement récent, le taux d’emploi des 55 à 64 ans en France demeure faible en comparaison internationale : 52,1% en 2018, contre 58,7% pour l’ensemble de l’Union européenne (UE) et 61,4% pour les pays de l’OCDE pris dans leur ensemble.

C’est que qu’indique le rapport Bellon-Mériaux-Soussan sur l’emploi des Seniors, remis en janvier 2020.

Il continue notamment d’accuser un retard important par rapport à ceux enregistrés par les pays du cœur et du Nord de l’Europe : de 19 à 25 points notamment par rapport à ceux de la Finlande, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne, et jusqu’à 32 à 34 points par rapport à ceux de la Suède et de l’Islande).

Alors que le taux d’emploi des 55 à 59 ans en France s’est hissé au niveau de la moyenne européenne et un peu au-dessus de celle l’OCDE dernièrement, le taux d’emploi des 60 à 64 ans demeure l’un des plus bas de l’UE et de l’ensemble des pays avancés : 31,0% en 2018, contre 44,4% pour l’ensemble de l’UE et 51,4% pour les pays de l’OCDE pris dans leur ensemble. Les taux d’emploi des 60 à 64 ans enregistrés dans les pays du cœur de l’Europe et en Scandinavie sont près de (ou plus de) deux fois supérieurs à celui de la France.

Alors que le niveau élevé de l’activité féminine en France se reflète dans un positionnement plus favorable des taux d’emploi des femmes seniors en comparaison internationale, la situation des hommes apparaît à l’inverse plus dégradée : le taux d’emploi des hommes de 60 à 64 ans en France est inférieur de près de 20 points et de 30 points par rapport à ceux de l’UE et de l’OCDE dans leur ensemble, et le taux d’emploi des hommes de 55 à 59 ans reste en retrait de quelques points par rapport à ceux de ces deux ensembles. Selon les estimations de l’OCDE, l’âge effectif moyen de sortie du marché du travail pour les hommes se serait ainsi élevé à 60,8 ans en France en 2018 (après 59,1 ans en 2008), contre 64,0 ans pour l’UE et 65,4 ans pour l’OCDE.

Comme le note le rapport récent de France Stratégie, l’appréciation des écarts de la France avec les pays européens ayant les taux d’emploi des seniors les plus élevés doit toutefois tenir compte de facteurs propres à certains d’entre eux, dont le développement massif du temps partiel chez certains (Pays-Bas, Suisse et dans une moindre mesure l’Allemagne) et un risque de pauvreté monétaire bien plus important lors du passage à la retraite chez d’autres (Suisse, Allemagne, Suède, Finlande) ce qui constitue vraisemblablement une forte incitation à prolonger leur activité pour certains seniors. Une majorité des pays du cœur et du Nord de l’Europe bénéficient en outre d’une situation économique et d’une performance globale en matière d’emploi meilleures que celle de la France.

 

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