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L’apparition de la pandémie de COVID-19 a changé l’Europe et le monde du jour au lendemain. Elle a mis à l’épreuve nos systèmes de santé et de protection sociale, ainsi que notre résilience économique et sociale. Elle marquera de manière durable notre façon de vivre et de travailler ensemble, même lorsque le virus aura disparu. Et elle a frappé à un moment où l’Europe traversait déjà une période de profonde transformation due aux changements climatiques, sociétaux et démographiques.

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L’évolution démographique concerne les individus et leur vie. Elle a trait à ce que nous faisons, à la façon dont nous travaillons et à l’endroit où nous nous sentons chez nous. Elle concerne nos communautés et notre façon de vivre ensemble. Elle englobe la diversité des personnes et des origines qui enrichissent et façonnent nos sociétés, nous rendent plus forts et donnent corps à la devise de l’UE, Unie dans la diversité. C’est une nécessité plus que jamais. Alors que nous sortons lentement et prudemment des confinements imposés partout en Europe, la situation nous rappelle l’importance de comprendre les conséquences de l’évolution démographique sur notre société et d’y répondre. Cet effort devra être pris en compte dans la relance de l’Europe et les enseignements tirés, qu’il s’agisse de la dimension sociale et économique ou des soins de santé et de longue durée, et bien plus encore.

Au cours des dernières semaines et des derniers mois, le lien entre les structures démographiques, les effets et le potentiel de reprise a été fortement et souvent douloureusement exposé. Nous avons vu notre génération la plus âgée en souffrance, les personnes âgées étant les plus vulnérables face à cette crise. Non seulement elles présentent un risque plus élevé de complications lorsqu’elles tombent malades, mais elles font également partie des personnes les plus isolées et coupées du monde en raison de la distanciation sociale et des mesures de confinement prises pour sauver des vies dans toute l’Europe. Le besoin de solidarité entre les générations est l’une des forces motrices de la relance de l’Europe .

La gestion des conséquences du changement démographique à long terme présente de nombreuses facettes: la façon dont nous gérons notre santé publique, nos budgets publics ou notre vie publique, mais aussi la façon dont nous abordons des questions telles que la solitude, les soins dans la communauté et l’accès aux services essentiels. La prise en compte de ces aspects sera importante pour le succès de la relance et déterminera la vitesse et la mesure dans laquelle nous serons en mesure de reconstruire notre quotidien, nos réseaux sociaux et nos économies. À plus long terme, c’est l’occasion pour l’Europe de construire une société plus juste et plus résiliente.

Nous ne devons jamais sous-estimer les dommages causés par la crise ni la nécessité de faire face à tous les types de pertes. Dans ce contexte, il peut paraître contradictoire de dire que les Européens vivent en général plus longtemps, en meilleure santé et de façon plus sûre. Toutefois, à plus long terme, c’est encore la réalité et nous devons être fiers des progrès considérables accomplis au cours des dernières décennies pour y parvenir. Les systèmes de santé et de protection sociale de l’Europe sont les plus avancés au niveau mondial. Associés à la compétence et au sacrifice de tant de travailleurs de première ligne, ils ont contribué à sauver d’innombrables vies depuis le début de la crise. Toutefois, la pression à laquelle ils ont été soumis, en particulier dans les zones où la population est âgée, a montré qu’il était nécessaire de les soutenir davantage.

Grâce à ces progrès, notre qualité de vie reste unique et nos sociétés figurent parmi les plus équitables dans le monde, même si des inégalités subsistent. La population européenne vieillit et nous choisissons généralement de vivre au sein de ménages plus réduits. Nous nous déplaçons de plus en plus, travaillons plus longtemps, apprenons davantage et changeons plus souvent d’emploi. Ces tendances influent toutes de manière importante sur notre société, et certaines d’entre elles peuvent avoir été des facteurs dans la façon dont le virus s’est implanté et propagé dans certains pays, qu’il s’agisse du vieillissement de la population, de la composition des ménages ou de la densité de population.

Il est souvent préférable d’aborder ces questions aux niveaux local et régional. Il apparaît ainsi que le changement démographique varie souvent de manière significative entre différentes régions d’un même pays. Certaines régions sont confrontées au double défi d’un faible revenu et d’un déclin rapide de leur population. Ces régions, principalement rurales, abritant 31 millions de personnes, les enjeux sont de taille. L’Europe s’efforcera d’améliorer les conditions de vie et de réduire les disparités. Il s’agit de s’assurer que les besoins des citoyens soient satisfaits et qu’il existe des perspectives et des possibilités d’emploi là où ils vivent. Cela concerne l’accès aux soins de santé, l’accueil des enfants et l’enseignement, ainsi que d’autres services locaux essentiels, tels que les bureaux de poste, les bibliothèques ou les transports.

Si l’évolution démographique n’est pas chose nouvelle, la différence qu’elle suppose dans nos vies est ressentie plus intensément. La réaction à ce changement sera d’autant plus importante que l’Europe se lance sur la voie de la reprise. Le maintien de l’attention sur la double transition écologique et numérique contribuera à fournir bon nombre des solutions innovantes et durables dont nous avons besoin pour faire face aux conséquences de l’évolution démographique. L’évolution démographique influe également sur la place de l’Europe dans le monde. Étant donné que la part de la population européenne dans le monde ne cesse de diminuer, la nécessité pour l’UE de parler d’une seule voix et d’agir de concert, en mobilisant l’ensemble de ses forces et de sa diversité collectives, devient d’autant plus importante. Il convient également de voir cette nécessité à la lumière des changements démographiques majeurs observés dans notre voisinage et dans le monde entier, qui auront une incidence directe sur l’Europe elle-même.

Le présent rapport présente les moteurs de l’évolution démographique et les conséquences qui sont les leurs en Europe. Il contribuera à déterminer la façon d’aider au mieux les citoyens, les régions et les communautés les plus touchés à s’adapter à l’évolution des réalités – pendant la crise, pendant la reprise et au-delà. Les travaux de la Commission dans ce domaine ont pour but d’améliorer nos connaissances et notre capacité de prospective afin de pouvoir soutenir ceux qui en ont besoin, tant aujourd’hui qu’à l’avenir. Il ne s’agit pas nécessairement d’inverser ou de ralentir l’une ou l’autre tendance; il s’agit de nous doter des outils adéquats pour proposer de nouvelles solutions et soutenir les personnes par le changement.  — Le document de travail des services de la Commission (SWD(2020) 109 final) complète le rapport avec des chiffres, cartes et tableaux supplémentaires.

En définitive, il s’agit de veiller à ce qu’aucune région ni aucune personne ne soit laissée pour compte, un sentiment qui peut, à terme, entraîner une perte de confiance dans notre démocratie. C’est la raison pour laquelle la Commission compte, pour la première fois, une vice-présidente chargée de la démocratie et de la démographie, et c’est aussi la raison pour laquelle ce thème figurera également à l’agenda de la conférence sur l’avenir de l’Europe, grâce à laquelle les citoyens joueront un rôle de premier plan dans la construction d’une Union plus résiliente, plus durable et plus juste. Si bon nombre des compétences dans ces domaines sont entre les mains des États membres, la Commission est prête à montrer la voie en recensant les problèmes et en soutenant l’action nationale, régionale et locale.

 

 

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