Bruno Bonnell
Bruno Bonnell

Bruno Bonnell est un entrepreneur français, cofondateur de la société Infogrames et ex-président des sociétés Infogrames puis Atari, né le 6 octobre 1958 à Alger. Il est depuis 2007 à la tête de Robopolis, société spécialisée dans la robotique personnelle. Spécialisé dans le domaine des technologies numériques, il a fondé deux sociétés spécialisées dans la robotique de service et un fonds d’investissement entièrement dédié à la robotique, Robolution Capital. Interview.

Vous êtes mondialement reconnu pour être l’un des l’entrepreneurs ayant introduit le marché de la robotique de services en Europe ; quel est l’état du marché de la robotique en France à ce jour ? Quelles sont les perspectives à venir ?

L’évolution de la robotique française est plus que satisfaisante à tous niveaux : enseignement, recherche, création d’entreprises et utilisation en milieu industriel. La France est traditionnellement un pays lent à adopter les nouvelles technologies, mais qui rattrape ensuit très rapidement son retard. Nous sommes bel et bien rentrés dans la phase de rattrapage. Effectivement nous avons enregistré un retard en robotique industrielle, par exemple, par rapport à l’Allemagne, mais, le taux d’équipement des entreprises françaises est en train de croître. N’ayant pas, en outre, de base installée importante, les entreprises françaises auront l’avantage de pouvoir disposer des dernières technologies disponibles. Le Plan France Robot Initiative et l’Alliance Industrie du Futur, impulsés par le ministère de l’Industrie depuis 3 ans, sont en train de porter leurs fruits. Je pense que nous allons assister à une accélération spectaculaire de la robotique française.

Dans quel objectif avez-vous créé ce fond d’investissement entièrement dédié à la robotique – Robolution Capital ? Comment se comporte-t-il aujourd’hui ? Confiez-nous quelques-unes de vos réussites…

Robolution Capital, associant des fonds publics (BPI, Fonds Européen d’Investissement) et privés (AG2 La Mondiale, EDF, ORANGE, …) a comme mission de fournir des fonds propres à des sociétés spécialisées en robotique au sens large : fabricants de capteurs, d’actionneurs, de préhenseurs, développeurs de logiciels et créateurs de robots industriels ou de service. Doté de 80 millions d’euros, il a déjà investi environ 15 millions d’Euros et ce chiffre devrait tripler d’ici fin 2017. Parmi nos sociétés référentes, NAVYA qui vient de réaliser son second tour de table de 30 millions d’Euros en accueillant notamment VALEO, KEOLIS à son capital.

Robotique et maintien à domicile : mythe ou réalité ?

La robotique et le maintien domicile n’est pas un mythe. En revanche, ce qui est un mythe est le fantasme du robot qui va remplacer l’homme. Il n’y aura pas de robot infirmière ou de robot garde-malade. Par contre, il y aura des machines intelligentes qui donneront aux employés humains plus de temps pour qu’ils puissent porter encore plus d’attention aux personnes âgées. Le robot à domicile n’est pas un substitut mais un complément des expertises.

 

 

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