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Les Français sont globalement en bonne santé par rapport aux pays de niveau de richesse similaire, et à plus forte raison en regard de la population mondiale. Pour établir ce constat, on utilise et on compare un ensemble diversifié de sources de données, d’enquêtes et d’indicateurs. L’édition 2017 du rapport L’état de santé de la population en France publiée par la Dress, s’attache à décrire l’état de santé de la population en France, son évolution et ses déterminants ainsi que les principaux enjeux associés à sa promotion.

La santé est en effet un concept complexe, qui ne se laisse pas approcher par une seule mesure, sur une seule dimension. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) la définit de manière très large : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Cette définition fait appel au ressenti des personnes et trace un idéal à atteindre pour les politiques de santé publique. Mais pour caractériser précisément l’état de santé d’une population et, a fortiori, pour définir le chemin vers le bien-être complet, il faut décliner ce bien-être en composantes les plus objectivables possible. On associe à ces composantes leur envers, les problèmes de santé, dont on détermine l’importance relative en fonction du nombre de personnes qu’ils affectent et de leur retentissement sur le bien-être de ces personnes. De cette hiérarchisation émergent les priorités de santé publique.

Un état de santé qui continue de s’améliorer mais à un rythme moins soutenu

Une espérance de vie élevée

Les Français bénéficient d’une espérance de vie élevée. Elle est de 85,0 ans pour les femmes en 2015, parmi les plus élevées d’Europe, et 78,9 ans pour les hommes, dans la moyenne européenne. En dix ans, l’espérance de vie des femmes a progressé de 1,2 an et celle des hommes de 2,2 ans. Cependant, l’augmentation de l’espérance de vie a été plus importante au cours des dix années pré- cédentes. En effet, l’espérance de vie a progressé chez les hommes de 2,9 ans et chez les femmes de 1,9 an entre 1995 et 2005. L’écart entre les deux sexes se réduit, comme dans quasiment tous les pays européens.

Une réduction de la mortalité toutes causes, de la mortalité prématurée (avant 65 ans) et une amélioration de la durée de vie des personnes souffrant de maladies chroniques

La réduction très notable de la mortalité toutes causes observée depuis plusieurs décennies se poursuit. En effet, les taux de mortalité standardisés sur l’âge ont, pour 1 000 habitants, diminué entre 2000 et 2014, de 14,7 décès à 11,4 chez les hommes et de 8,4 à 6,7 chez les femmes. Cette baisse concerne toutes les classes d’âges. Pour 2014, ces taux sont inférieurs aux taux moyens de l’Europe des 28, qui sont de 12,7 pour les hommes et 8,4 pour les femmes. On constate depuis plus de 15 ans une évolution à la baisse de la mortalité prématurée (avant 65 ans) et, au sein de cette mortalité prématurée, de la mortalité évitable liée aux comportements à risque (décès pouvant être évités par une réduction de ces comportements tels que le tabagisme, la consommation nocive d’alcool, la conduite routière dangereuse…). Cette baisse est plus marquée chez les hommes, qui demeurent néanmoins plus concernés que les femmes : la mortalité prématurée a diminué entre 2000 et 2013 de 22,9 % chez les hommes et de 15,1 % chez les femmes, montrant une amélioration globale de l’état de santé.

Cancers et maladies cardio-vasculaires : les deux premières causes de décès

Sur les 567 000 décès observés en France métropolitaine en 2013, les cancers et les maladies cardio-vasculaires constituent les causes les plus fréquentes (respectivement 27,6 et 25,1 %), suivies par les maladies de l’appareil respiratoire (autres que les cancers), qui représentent un décès sur quinze, et les morts violentes (suicides, accidents…) qui représentent également un décès sur quinze.

Mais un poids des décès prématurés qui reste important et une morbidité par maladies chroniques qui progresse

Un taux de décès prématurés élevé et plus important chez les hommes que chez les femmes Le poids de la mortalité prématurée avant 65 ans est important : près d’un décès sur cinq. Si l’essentiel de la mortalité se concentre désormais aux âges élevés avec, en 2015, des espérances de vie à 65 ans de 23,5 ans pour les femmes et de 19,7 ans pour les hommes, en tête du classement des pays européens, le décalage qui existe entre une espérance de vie à 65 ans très favorable et une espérance de vie à la naissance plutôt moyenne chez les hommes s’explique par le poids des décès prématurés.

L’incidence des maladies chroniques qui ne régresse pas et une prévalence importante et en forte hausse

Une très grande part de l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques est due au vieillissement de la population et à l’accroissement de l’espérance de vie. Cependant, d’autres facteurs sont aussi à l’œuvre, certains positifs (meilleurs diagnostics, meilleures techniques d’imagerie) et d’autres négatifs (surdiagnostic ou augmentation de l’incidence due à l’augmentation ou la persistance de certains facteurs de risque : sédentarité et inactivité physique, surpoids et obésité, réduction insuffisante du tabagisme et des inégalités sociales).

Une fréquence importante des troubles mentaux

Au niveau mondial, l’OMS considère que cinq des dix pathologies les plus préoccupantes au xxie siècle relèvent des troubles mentaux : schizophrénie, troubles bipolaires, addictions, dépression et troubles obsessionnels compulsifs. Elles sont responsables de la majeure partie de la mortalité par suicide, d’incapacités et de handicaps lourds ainsi que d’une qualité de vie détériorée pour les personnes atteintes. Le diagnostic et la prise en charge précoces des troubles permettent de diminuer les répercussions de ces pathologies sur la vie de l’individu et de ses proches. En 2014, environ 350 000 patients ont été hospitalisés dans un établissement psychiatrique public ou privé et/ou suivis en ambulatoire dans le secteur public pour troubles dépressifs, ce qui représente 17 % de l’ensemble des patients pris en charge dans ces établissements et correspond à un taux de recours de 5,3 pour 1 000 habitants.

 

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