Le Québec, comme bien des sociétés occidentales, est confronté à un problème démographique causé par plusieurs facteurs.

Avec un taux de fécondité parmi les plus faibles (1,7 enfant par femme), le Québec ne renouvelle pas sa population. Même si la province attire près de 50 000 immigrants par année, son solde migratoire net est plus proche de 30 000 personnes, ce qui est insuffisant pour assurer le renouvellement de population dont le Québec a besoin pour maintenir son bassin de population active.

C’est ce qui ressort de l’étude « Le vieillissement de la population et l’économie du Québec » publiée par l’Institut du Québec.

L’allongement de la durée de vie fait aussi en sorte que la société québécoise devient rapidement une société âgée. De ce problème démographique résulte un ralentissement de la croissance du PIB qui va se rapprocher du taux de croissance de 1,6 % en moyenne par année. La productivité québécoise, déjà basse, sera elle aussi éprouvée. Les habitudes de consommation du marché local vont changer et les finances publiques devront répondre à une augmentation significative des besoins en soins de santé. Finalement, la pénurie de travailleurs risque de réduire les investissements et d’ébranler la force économique du Québec.

Les trois facteurs à l’origine du changement démographique au Québec

Le taux de fécondité des Québécois

En 1916, il y avait plus de 38 naissances au Québec par tranche de 1 000 habitants. Cent ans plus tard, ce taux est passé à 10,4 naissances par tranche de 1 000 habitants1 . Malgré une population plus élevée qu’au début du 20e siècle, le nombre absolu de naissances au Québec demeure essentiellement le même qu’il y a cent ans. Selon le directeur parlementaire du budget fédéral, le taux de fécondité au Québec demeurera à 1,7 enfant par femme jusqu’en 2091, soit un taux légèrement supérieur à la moyenne canadienne qui est de 1,67 enfant. Toutefois, ce taux de fécondité est nettement insuffisant pour assurer le renouvellement de la population.

Le solde migratoire

Au net, le Québec attire peu d’immigrants. S’il en a accueilli plus de 53000 en 2016, il en a perdu près de 8 000 qui sont repartis à l’étranger et plus de 12000 qui ont déménagé dans d’autres provinces. Le tableau suivant illustre la dégradation du solde migratoire québécois depuis quelques années.

L’espérance de vie

Comme pour toutes les sociétés occidentales, le Québec a vu l’espérance de vie de ses citoyens s’allonger fortement au cours des années. D’ici quelques années, l’espérance de vie des Québécois à la naissance dépassera assurément 80 ans. Si l’augmentation de l’espérance de vie donne à penser qu’il est moins nécessaire de renouveler la population, en réalité il n’en est rien. En effet, cette population vieillit et est donc moins susceptible de participer activement au marché du travail.

L’économie du Québec dans les 30 prochaines années Malgré ces constats démographiques quelque peu inquiétants, les prévisions économiques pour le Québec sont encourageantes. Selon les prévisions, c’est plutôt à moyen terme, soit d’ici 2025, que la croissance économique ressentira les effets du vieillissement de la population. En effet, la population en âge de travailler sera moindre, ce qui freinera la croissance du PIB. Dans un avenir prévisible, la croissance demeurera positive.

Les enjeux de la productivité et de la démographie font que la croissance économique, celle du PIB, tend à se rapprocher de 1,6 % au Québec. Pendant plusieurs années, il sera difficile pour la province de s’élever au-delà de cette croissance. Comme par le passé, le Québec connaîtra des années de récession et des années de croissance supérieure à 1,6 %, mais en général la croissance économique sera inférieure à celle observée dans la plupart des provinces canadiennes.

 

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