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Élise Lucet a encore frappé avec son émission Envoyé Spécial. En effet, le reportage « Maisons de retraite : derrière la façade » diffusé dans l’émission Envoyé spécial a révélé des situations scandaleuses et exceptionnelles dans quelques établissements pour personnes âgées.

Sur les réseaux sociaux, deux camps s’affrontent : ceux qui sont scandalisés par la maltraitance montrée  dans ce reportage et ceux qui crient à ce qu’ils appellent « l’Ehpad bashing« .

Et si la réalité était entre les deux ?

Je me souviens être intervenu dans une région française dirigée par le Parti socialiste. A la fin de ma présentation, un responsable de ce Parti intervient et me critique parce que j’avais osé parler de “marché des Seniors” et que j’aidais les entreprises à vendre aux Seniors. A l’entendre, seules les associations et les organisations à but non lucratif, pouvaient s’occuper des personnes âgées.

D’ailleurs, il a réussi à imposer sa vision, puisque dans son département, la téléassistance, mais aussi les services à la personne, sont majoritairement orientés vers les associations à but non lucratif, laissant les entreprises de côté.

Je lui ai répondu que je n’étais pas d’accord avec sa vision et lui ai répondu : « il n’y a pas de causalité entre une  organisation à but non lucratif et le respect et la bientraitance. Il n’y a pas, non plus, de causalité entre une entreprise privée et la maltraitance des personnes. »

Nous connaissons tous des EHPAD associatifs à but non lucratif où des cas de maltraitance sont advenus et nous connaissons tous des EHPAD commerciaux qui développent des vrais politiques pour le bien-être de leurs résidents.

De plus, il suffit de regarder le profil de la plupart des entrepreneurs sur la Silver économie, souvent des entrepreneurs jeunes, pour se rendre compte qu’ils ont vraiment envie d’améliorer le bien-être des personnes âgées. C’est pour cela, essentiellement, qu’ils ont développé leur entreprise.

Si nous analysons les échanges des réseaux sociaux après la diffusion du reportage sur France 2, nous pouvons noter plusieurs comportements (en enlevant les messages de ceux qui ont des intérêts à avoir telle ou telle posture), qui peuvent être expliqués par la psychologie sociale.

  • D’un côté, ceux qui expriment leur désarroi face aux cas de maltraitance, utilisent souvent la « généralisation ». Ils partent d’un cas très précis, bien souvent sans connaître vraiment le contexte et la généralisent à l’ensemble d’un secteur. Ainsi, ils ont tendance à croire ou à vouloir faire croire (?) que la maltraitance est le cas de l’ensemble des Ehpad et que les groupes d’Ehpad commerciaux seraient les méchants.
  • De l’autre, ceux qui crient à « l’Ehpad Bashing« , utilisent souvent un autre processus psychologique qui est la « suppression ». Ils ont tendance à nous donner (forcer ?) leur vision des choses, en oubliant les cas précis de maltraitance que nous avons pu voir dans le reportage.

Autrement dit, il y a d’un côté ceux qui généralisent les quelques cas à l’ensemble d’une profession et ceux, de l’autre côté, qui ont tendance à oublier ces quelques cas, justement. C’est regarder uniquement le verre à moitié vide ou regarder uniquement le verre à moitié plein. Dans les deux cas, c’est une réalité partielle.

D’autres comportements et artifices rhétoriques sont utilisés : le dénigrement des témoignages et des journalistes, la diffusion d’informations fausses, la focalisation sur des détails pour détourer l’attention, Name and Shame, etc. Autant de techniques de rhétorique connues.

Ensuite, la suspicion peut être forte chez certains téléspectateurs : les entreprises concernées ont tendance (ou plutôt, certains d’entre elles) à ne pas vouloir répondre aux questions des journalistes. Or, la grande majorité des communicants, explique qu’il est préférable de répondre aux journalistes d’investigation, de « ne pas refuser le dialogue » pour, au minimum, montrer sa bonne volonté et rétablir les vérités si besoin. Bien entendu, ne pas répondre est un droit.

La réalité est, à mon sens, proche de celle diffusée par le communiqué de presse de la Fnadepa :

La FNADEPA, profondément choquée, condamne avec la plus grande fermeté ces situations de maltraitance qui portent atteinte à la dignité des seniors, au professionnalisme des équipes et à la confiance des familles.

Elle ne saurait accepter que de tels dysfonctionnements existent et appelle notamment à la responsabilité des directeurs, garants de la dignité des personnes vulnérables. Ce reportage ne doit cependant pas jeter l’opprobre sur les 7350 établissements, publics et privés, qui sont des lieux de vie, innovants et conviviaux, et accompagnent 600 000 personnes âgées en perte d’autonomie.

C’est pourquoi la FNADEPA réitère toute sa confiance auprès des professionnels qui se dévouent au quotidien pour maintenir une qualité de vie aux aînés, malgré des budgets et des effectifs insuffisants”.

Pour finir, avec des partenaires allemands, nous sommes actionnaires d’Ehpad privés dans un pays de l’Est. Cela ne nous empêche pas, de tout mettre en oeuvre pour le bien être des résidents, patients, clients… quel que soit le mot employé.

 

 

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